Un premier ministre cynique et une classe dirigeante incompétente sont paniqués. « Allez-vous faire foutre » lance l’acteur Hugh Grant dans un Twitter ravageur. Une injure qui répondait à l’insulte bien plus grave faite par Boris Johnson à la démocratie anglaise quand elle a décidé de suspendre le parlement britannique pendant cinq semaines, le temps d’expédier son pays dans un Brexit sans accord. Et, le monde sidéré de découvrir qu’une institution aussi vénérable que le Palais de Westminster n’était pas forcément protégé contre les démagogues et les populistes. Même au Royaume-Uni, où les traditions sont si profondément ancrées, on a jamais éprouvé le besoin de les graver dans une constitution.

Déni de démocratie, coup d’état dans l’état ? Les experts jugeront. Mais, l’inviolabilité supposée du fameux (check and balance ) élaborée par Locke (1632-1704) et Montesquieu (1689-1755), la théorie de la séparation des pouvoirs afin de limiter l’arbitraire et d’empêcher les abus. Une balance qui régit depuis des lustres la démocratie parlementaire. Or Shakespeare et l’histoire ont bien montré que légèrement dérangé, complètement cinglé, les dirigeants autoritaires savaient profiter des failles inhérentes à toute démocratie pour imposer le silence à ceux qui pourraient leur résister. Le vaisseau anglais prenait déjà l’eau. Maintenant, il menace de sombrer.

Anonymode

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