Se souvenir des belles choses et de toutes celles qui nous manquent entre les deux solstices, ce sont les collections de Franck Sorbier. Comme les beaux papillons qui pointent au moment de l’été et que les fans attendent les paupières mi-closes , j’ai le ventre creux entre deux collections, comme un sentiment de vide qui m’empêche de rêver au-delà de ma propre vie.

Alors, je regarde le passé et son miroir. Je contemple le déroulement infini de l’aiguille et mon esprit reste un gouffre toujours aussi amer de ne pas voir le Maître renaître de ses créations d’antan tel Le phenix. Sorbier, proche de la nature comme jamais, sonde le fond des abîmes de celle-ci et nul ne connaît mieux que lui les richesses qu’elle nous offre. Mais, dans la palette du couturier, il voit ces richesses se détruire, une terre que l’on combat sans regret ni remords jusqu’à diffuser sur les médias sociaux le carnage et la mort.

Le poète visionnaire nous fait ce jour la chronique d’un désastre annoncé, celui de notre propre destruction, car en commençant à détruire ces animaux qui étaient nos ancêtres, nous voulons oublier l’animal qui est en nous, l’éradiquer avec son environnement, pour au final, mourir nous-mêmes. La création sans la poésie d’un oiseau ou d’une branche d’arbre pourquoi faire ? Un chemin de plus qu’il faudrait suivre, mais qui s’ouvrira au poète de notre époque. Suivez plutôt un banquier, il vous racontera la poésie de l’argent vert, celui du dollar infiniment destructeurs.

Assurément la veste tailleur, qu’il avait abandonné, va s’arracher, car une veste, tous les dix ans, cela devient des pièces de collection. Outre cela, le message dans sa puissance nous fait remarquer que l’homme est doué, très doué, et que l’on peut tout lui pardonner tellement il est l’excellence même de ce métier. Jamais, la Haute Couture, en ce moment de grâce, n’a été aussi intense , car  Sorbier, c’est la Haute Couture.

Anonymode

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